Fausses plateformes de trading et de cryptomonnaies : anatomie d’une escroquerie

Les crypto-actifs sont devenus le principal vecteur de la fraude à l’investissement en Europe. L’Autorité des marchés financiers (AMF) relève une forte concentration des escroqueries dans ce secteur.

Le schéma est bien rodé : une plateforme d’apparence professionnelle, un « conseiller » attentionné, de supposés gains spectaculaires. Les sommes perdues correspondent parfois l’épargne d’une vie.


Première étape : l’hameçon

Tout commence le plus souvent par une publicité sur les réseaux sociaux ou par un faux article de presse mettant en scène une personnalité, parfois générée par intelligence artificielle, qui vante une méthode d’investissement miracle.

La victime laisse ses coordonnées dans un formulaire. Elle est rapidement rappelée par un « conseiller » ou un « gestionnaire de compte », qui l’invite à effectuer un premier dépôt modeste, de quelques centaines d’euros.


Deuxième étape : des gains illusoires

La victime accède à un espace client affichant des performances flatteuses. Ces gains sont entièrement fictifs : aucun investissement n’est réalisé.

Mis en confiance, l’investisseur est incité à augmenter ses versements, parfois en souscrivant un crédit.

Le « conseiller » peut demander à installer un logiciel de prise en main à distance (type AnyDesk), ou faire acheter des cryptomonnaies sur une plateforme légitime avant de les transférer vers une adresse qu’il contrôle.


Troisième étape : le blocage des retraits

Lorsque la victime souhaite récupérer son argent, les obstacles se multiplient : frais de déblocage, prétendues taxes à acquitter au préalable, compte « gelé » pour des raisons de conformité. Ces exigences, qui exploitent souvent la complexité de la fiscalité des cryptomonnaies, ne font qu’alourdir le préjudice.

Le conseiller finit par disparaître. Quelques semaines plus tard, la victime est fréquemment recontactée par de prétendus enquêteurs ou avocats promettant de récupérer les fonds : c’est l’arnaque au recouvrement, une seconde escroquerie.


Les réflexes à adopter

Depuis le 1er juillet 2026, fin de la période transitoire prévue par le règlement européen MiCA, seuls les prestataires de services sur crypto-actifs (PSCA) agréés peuvent proposer leurs services en France. Avant tout investissement, il convient de vérifier la présence de l’intermédiaire sur la liste blanche et son absence de la liste noire publiées par l’AMF, et de se méfier des sites usurpant le nom de sociétés autorisées.

En cas d’escroquerie, il faut cesser tout versement, conserver l’ensemble des échanges et justificatifs de virement, et déposer plainte sans délai afin de permettre des mesures de saisie.

Ces faits sont susceptibles de recevoir la qualification d’escroquerie (article 313-1 du Code pénal), aggravée lorsqu’elle est commise en bande organisée (article 313-2 du Code pénal), ainsi que de blanchiment (article 324-1 du Code pénal). 


Si vous êtes victime d’une escroquerie sur une fausse plateforme de trading ou de cryptomonnaies, le cabinet PSN Avocats est à votre disposition en vue de vous assister dans le cadre de la procédure pénale.

Le cabinet accompagne depuis plus de dix ans les victimes d’escroqueries à l’investissement et aux cryptomonnaies, du dépôt de plainte jusqu’à l’audience. Il fait le choix d’une grande disponibilité auprès de ses clients et pratique des honoraires forfaitaires, fixés en concertation dès le premier rendez-vous dans le cadre d’une convention d’honoraires.

Maître Paul Sturbois-Nachef
Avocat au Barreau de Paris
+33 (0)1 74 90 04 00


Références :

Benjamin Boukris