L’arnaque au recouvrement : quand les victimes sont escroquées une seconde fois
Après une première escroquerie, la victime reçoit un appel inespéré : un enquêteur, un agent de l’AMF ou un avocat lui annonce que ses fonds ont été retrouvés. Il ne reste qu’à régler quelques frais pour les récupérer.
Ce scénario, appelé arnaque au recouvrement ou recovery scam, est une seconde escroquerie. Elle cible spécifiquement les personnes déjà fragilisées par la perte de leur épargne.
Au sein du cabinet PSN Avocats, il n’est pas rare d’assister des clients victimes de quatre ou cinq escroqueries consécutives.
Un démarchage ciblé
Les escrocs disposent de listes de victimes, souvent issues des mêmes réseaux que la première arnaque ou revendues entre organisations criminelles. Ils connaissent le montant perdu, le nom de la fausse plateforme, parfois la date des virements, ce qui rend leur discours particulièrement crédible.
Ils usurpent l’identité d’institutions (AMF, police, gendarmerie, Interpol, Banque centrale européenne) ou de véritables cabinets d’avocats, dont ils reprennent le nom et le logo. Le numéro affiché peut même être celui du standard de l’institution usurpée (spoofing).
Le scénario
Les fonds seraient « bloqués » sur un compte, « saisis » par une autorité ou détenus par un établissement étranger. Pour les libérer, la victime doit verser des frais de dossier, des honoraires ou des taxes.
Les escrocs peuvent également réclamer des données bancaires, des pièces d’identité ou l’installation d’un logiciel d’accès à distance, prétendument pour « vérifier l’identité » du bénéficiaire. Les demandes se succèdent jusqu’à ce que la victime ne puisse plus payer.
Les réflexes à adopter
L’AMF ne contacte jamais les épargnants de sa propre initiative pour leur proposer de récupérer des fonds perdus ou une indemnisation. Elle le rappelle régulièrement : en cas d’escroquerie, seule la justice est habilitée à intervenir.
Face à un interlocuteur se présentant comme avocat, il convient de vérifier son inscription au barreau, puis de le recontacter avec des coordonnées trouvées par soi-même. Un avocat ne garantit jamais la récupération des fonds, ne réclame pas de « frais de déblocage » et formalise son intervention par une convention d’honoraires écrite.
Si un paiement a déjà été effectué, il faut cesser tout versement, conserver les échanges et déposer plainte pour ces nouveaux faits, en précisant leur lien avec la première escroquerie.
Ces faits sont susceptibles de recevoir la qualification d’escroquerie (article 313-1 du Code pénal), aggravée lorsque son auteur prend indûment la qualité d’une personne dépositaire de l’autorité publique ou lorsqu’elle est commise en bande organisée (article 313-2 du Code pénal). L’usage sans droit du titre d’avocat est par ailleurs réprimé (article 433-17 du Code pénal).
Si vous êtes victime d’une arnaque au recouvrement, le cabinet PSN Avocats est à votre disposition en vue de vous assister dans le cadre de la procédure pénale.
Le cabinet accompagne depuis plus de dix ans les victimes d’escroqueries financières et en ligne, y compris lorsqu’elles ont été escroquées une seconde fois. Il fait le choix d’une grande disponibilité auprès de ses clients et pratique des honoraires forfaitaires, fixés en concertation dès le premier rendez-vous dans le cadre d’une convention d’honoraires.
Maître Paul Sturbois-Nachef
Avocat au Barreau de Paris
+33 (0)1 74 90 04 00
Références :
« Victimes d’arnaque : gare aux “agences” qui vous promettent de vous aider à récupérer les sommes perdues » – UFC-Que Choisir
« Appels d’usurpateurs prétendant vous aider à récupérer des fonds : l’AMF lance l’alerte » – Clubic